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 Pardonne-moi. [Pv Hikari]

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Rei Jinzô
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MessageSujet: Pardonne-moi. [Pv Hikari]   Ven 18 Nov - 14:57

Cela avait été une marche douloureuse, longue et interminable. Un supplice terrible, une souffrance atroce. Marcher sans but, sur une route qui n’avait que de vagues indications, épisodiquement. Si rarement. Shokei souffrait de se sentir si perdue, si loin de son chez-elle. Mais c’était un malaise étrange qui l’oppressait. Au milieu de son égarement, elle se sentait pousser des ailes. C’étaient de nouveaux horizons qui s’offraient à elle comme elle n’empruntait pas des sentiers connus de sa personne, faisant parfois-même des détours lorsque la situation s’y prêtait, pour mieux profiter de tel ou tel surplomb, de tel ou tel nuage dans le ciel. Sa principale occupation, dans ce voyage, était en effet d’observer les moutons cotonneux se déplacer avec lenteur sur le fond bleu clair. Une autre, consistait en admirer les êtres vivants suivre leur chemin, tranquillement. La nature et ses paysages inspiraient l’imagination de Shokei. C’était une illusionniste et, bien souvent, son rôle consistait en reproduire parfaitement la réalité. Une illusion de vrai. L’autre élément qui la réjouissait malgré tout, était la solitude complète. Vivre avec les Hommes la fatiguait trop, pour de nombreuses raisons, qu’elle avait déjà si souvent ressassées. Ainsi elle était allée, mi-terrifiée mi-heureuse, sur des chemins sinueux. Et outre la douleur psychologique que lui prodiguait l’éloignement avec Iwa, ses jambes aussi avaient souffert de son voyage, car elle ne prenait que de rares pauses, le jour bien souvent – animée, sans doute, d’un brin de paranoïa, si elle osait s'assoupir la nuit.

Lorsqu'elle arriva de la sorte à destination, ou plutôt aux abords du village caché de la Feuille, son état se modifia tout à fait. C'était le terme de toute son angoisse mais aussi de ses activités ludiques. Elle découvrait là un terrain inconnu dans le sens où elle n'y étais jamais allée dans de telles circonstances, tantôt n'étant que de passage dans une course effrénée, tantôt ne se préoccupant que d'un sombre adversaire qui lui ôtait tout le plaisir du paysage. Son pas se fit plus souple, sa marche moins soutenue, et elle se retrouva très vite dans cet état habituel, inhérent à son être, de transparence et d’absence. Elle penchait d’une façon saugrenue, parfois, la tête sur le côté. Et cela faisait bouger toute sa masse capillaire, dans un bruissement d’animal. Elle ne rencontrait encore personne, mais un pressentiment l’habitait, grandissant de minutes en minutes. Elle le sentait, si proche, si proche… Ce village, cette foule grouillante d’être humains. Des inconnus, et pourtant si semblables dans leur psychologie à tout ce qu’elle avait déjà pu voir. Elle était dans une forêt qui s’éclaircissait à mesure qu’elle avançait. Et comme pour illustrer ses propos, elle songea avec amertume que voilà, là où l’Homme apparaissait elle ne pouvait plus contempler sobrement la nature. Il détruisait tout, s’appropriait le monde. C’était une plaie, autant qu’un amusement pour l’entité qu’il pensait détruire. Un sourire apparut sur son pâle visage. Simple et terrible. Elle avait dans son expression, toute la fatalité et la lassitude d’un vieux, avec tout le sadisme et la curiosité d’un enfant. Ce sourire était adressé, non pas à une personne, ou à une entité, sinon à sa propre désillusion. Elle se trouvait elle-même assez cynique dans certains de ses propos.

Enfin, elle arriva sur un chemin qui s’élargissait franchement pour laisser la place à une porte gigantesque marqué du symbole du Feu. C’était là le terme de son périple. Et quel périple ? Elle était partie, mais dans quel but précisément ? Son air – comme ses pensées se traduisaient toujours pas des expressions physiques – exprimait de quelle façon elle s’interdisait à penser à ses motivations. C’était un secret. Et ses yeux riaient à cette pensée. « J’arrive encore à avoir des secrets, moi ? » Elle se présenta, pour passer les portes, à ceux qui les gardaient, comme elle pensait qu’il fallait le faire, car c’était ainsi que cela se passait chez elle, à Iwa. A la seule différence que là-bas, on vous arrêtait avant même que vous ne passiez la porte. C’était si fermé. Si protecteur. Shokei aimait l’ambiance que le Kage avait créé à Iwa. Elle ne se sentait pas aussi perdue que lorsqu’elle voyageait seule. Rapidement, elle s’enfonça dans la ville, une légère idée en tête. Personne ne semblait vraiment faire attention à elle, et cela ne l’étonnait guère. Déjà normalement elle n’était plus qu’une ombre parmi les humains. Mais là, elle découvrait un autre effet. Konoha était une grande ville, sinon la plus développée. Des centaines de genres différents y transparaissaient, de sorte que même l’être humain le plus farfelu passa inaperçu dans la masse. Aussi, elle marchait sereinement, prenant son temps et son aise.

A un instant, il se trouva sur son chemin un enfant qui semblait perdu. Elle s’en approcha, avec douceur lui prit le bras et lui demanda, avec le plus de gentillesse donc elle était capable, ce qui lui arrivait. Il ne sentit pas sa poigne, si impuissante sans doute, sur son bras. Il n’entendit pas sa voix, si faible sans doute, qui l’interrogeait. Il ne la vit pas, si invisible sans doute, qui se penchait sur lui. Il sanglotait un peu. Alors Shokei se releva et s’éloigna simplement. Il n’y avait rien à faire. Elle ne lui devait rien. Et de toute évidence, elle n’était personne. Elle n’existait pas. Elle pouvait traverser les foules, tel un fantôme. Frapper des passants, hurler des insanités. Elle n’était pas plus présente ici qu’à Iwa. S’était-elle imaginée un instant que, même si on ne la regardait pas quand elle marchait, on pourrait faire attention à elle si elle avait un geste envers quelqu’un ?

Soudainement, elle accéléra le pas. Animée d’un doute. Ici, personne ne savait ce qu’elle avait vécu. Pourquoi son état se retraduirait strictement identique ? Pourquoi devrait-elle être aussi soumise et spectatrice ? Elle se mettait en quête d’une réponse. Son épaule heurta un corps. « Dégage de mon chemin. » s’entendit-elle dire. Elle fit encore deux pas, puis s’arrêta pour se retourner. « Dégage » avait-elle dit. Dégage… Et elle souriait de son impolitesse. Elle rirait bien même, si elle n’était pas plutôt occupée à voir la réaction de la personne qu’elle avait heurté et si facilement agressée verbalement. C’était un test, un simple test. Que la personne la pardonne si elle avait entendu.

Voilà à quoi s’adonnait la si douce Shokei… Mais rien de grave. Elle ne se transformerait jamais pour devenir une shinobi charismatique et si négligente. Elle était une illusion. Elle resterait irréelle jusqu’à la fin.

Fin, si proche.

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Hikari Inuzuka
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MessageSujet: Re: Pardonne-moi. [Pv Hikari]   Ven 18 Nov - 20:44




« Ma seule liberté est de rêver, alors je rêve de liberté… »

Je m’élançais vivement dans les nombreux dédales qui composaient Konoha. Pourquoi ? Je n’en avais pas la moindre idée, je voulais simplement fuir la cacophonie environnante.
En effet, jour de marché, la population affluait de part et d’autre à travers le village caché de la feuille. Autrement dit, il s’agissait du jour que je haïssais le plus…
Ce qui me correspondait, comme à toute ma famille, c’était la nature, la tranquillité et la sérénité et non pas les bruits assourdissants des marchands vociférants à tord et à travers du village.
La densité des sons m’entourant et la chaleur ardente qui brûlait ma peau douloureusement me laissait douter quant à la provenance des effluves de viandes grillées que je sentais tout autour de moi…
Ma vélocité avait rarement atteint un si haut sommet. Une célérité si grande que je me sentais pousser des ailes (de corbeau peut-être…).
Yume me suivait au grand galop, déployant toute sa vitesse et faisant fonctionner ses muscles comme jamais. Heureusement qu’elle ne comprenait pas dans mon geste un élan de fuite car son comportement aurait été tout autre. En effet, Yume ne renonce pas et déteste déserter. Elle affronte la vérité en face, au corps à corps en redoublant de coups à chaque reprise au fil du temps. Peut-être ressentait-elle mon mal aise après tout et que sa nature très protectrice lui dictait de m’accompagner à travers champs et bois, loin de la vie envahissante et étouffante de la ville. Il est vrai qu’elle adorait elle-même énormément les broussailles et autres talus de la dense forêt de Konoha que l’on pourrait qualifié de sylve en ce climat tropicale…
Il était même rare d’avoir pareille température en ce lieu… Peut-être que le Pays du Feu voulait faire clairement savoir son nom, redorer le blason de son patronyme tel un phénix rougeoyant d’incandescence.

Chaque pas, ou plutôt devrais-je dire chaque enjambée, qui m’éloignait de ce grabuge assourdissant était tel une bénédiction, une bouffée d’oxygène qui atténuait peu à peu mon angoisse…
Alors que le fin filet d’alizé caressait ma peau endolorie et que je m’efforçais d’atteindre la profondeur de la forêt, je vins à penser que je haïssais de plus en plus cette atmosphère… La ville n’était, sans nul doute, pas faite pour moi cependant, toute ma famille vivait là depuis des siècles sans jamais avoir pris la décision de lever le camp… Comment avaient-ils fait ? Avaient-ils pris sur eux, s’étaient-ils résignés ou bien restaient-ils par servitude au village caché de la feuille ?
Je ne pouvais décemment pas quitter ma contrée natale car la solitude finirait par me ronger jusqu’à la mœlle mais être condamnée à vivre ici alors que j’aspirais au calme et aux voyages était une bien cruelle constatation…
C’est alors que dans ma hâte, je renversai quelqu’un que j’aurais dû repérer aisément. Oui, j’aurais pu si seulement ce brouhaha ne m’étourdissait pas au point de m’en rendre dépourvue de mes réflexes. J’avais toutes les envies du monde de hurler des injures à l’encontre de cette personne qui venait perturber mon plan d’évasion mais me retint au dernier moment dans un élan de lucidité… Ce n’était tout de même pas de sa faute si j’étais légèrement perturbée… Ben quoi ? Vous avez quelque chose à y redire ?
Au lieu de quoi je m’excusa promptement et poliment alors que cette fille, car oui il s’agissait d’une jeune kunoichi, me priait d’un ton certes faible mais tout sauf gracieux de « dégager de son chemin ». Comme-ci la ville lui appartenait… Mais elle se croyait où ? Je restais ahurie devant elle, la tête penchée sur le côté. Elle m’était inconnue et provenait incontestablement d’un autre village.
Yume s’agitait à mes côtés tandis que je m’adressai à cette inconnue docilement :

« Excusez-moi je ne vous avais pas vu… »

A voir sa tête cette réflexion ne l’étonnait pas et la blessait peut-être même quelque peu c’est pourquoi je corrigeais :

« J’essayais de fuir ces bruits assourdissants et en étaient tellement perturbée que je n’ai pas fait attention où j’allais… Il faut dire que j’ai des sens un peu plus développés que la moyenne c’est pourquoi tous ces sons me sont insupportables… Pour tout dire j’ai l’impression que ma tête va exploser si je reste ici… Vous n’êtes pas de Konoha n’est-ce pas ? J’espère ne pas vous dégoûter du célèbre marché si vous étiez venue pour cela… Enfin moi ce n’est pas vraiment mon élément… »

Je me tins la tête pour atténuer les coups cinglants que j’y recevais, plissant l’un de mes yeux pour accompagner ma plainte.

« Je rêverais de m’échapper loin de tout ce vacarme… », Dis-je dans un soupir.

La kunoichi semblait jeune mais ses traits montraient clairement qu’elle était très réfléchie, que les aléas de la vie, qui ne l’avait pas épargné, avaient constitué cette maturité. Pourtant à la regarder comme cela je ne voyais en elle qu’une enfant qui s’amusait de son comportement désobligeant mais dépourvu de toute émotion. Le néant s’inscrivait en elle comme-ci tout son être était stérile, vide à la façon d’un spectre errant sans réel but.
J’avais la sensation d’être en contact avec un être a part, imperméable aux moindres sentiments et je trouvais cela vraiment très accablant et attristant.
Je trouvais cette situation très contradictoire. En observant le soleil radieux qui étirait ses rayons à des kilomètres j’avais dû mal paradoxalement a concevoir cette fille mélancolique en face de moi, il ne manquait plus que la pluie pour ternir définitivement le tableau…
Yume baissa les oreilles et j’aurais réagit de la même manière si seulement j’avais pu. Je voulais l’aider, la sortir de cette torpeur, c’était plus fort que moi… Je ne savais rien d’elle pas même son nom…

« Au fait, je m’appelle Hikari et ma compagne à quatre pattes se nomme Yume… »

Voilà qui était chose faite. Alors que j’avais vu en elle un être sans gêne et sans scrupule aux premiers abords, je me sentais maintenant coupable d’un tel jugement. De quel droit avais-je sonné le glas impétueux pour sa personne ? Elle était tel un ange déchu ayant atterri il ne savait où pour faire je ne sais quoi…
Je voulais lui changer les idées, lui donner une meilleure image de ce que je qualifie la vie, la vraie, la pure.
C’est pourquoi, je la fixais de mes yeux ambrés et lui proposait de me suivre dans les bois où j’avais envie de lui faire découvrir de quoi étaient capables mes sens et ceux de Yume.
Je ne savais pas encore si elle allait me suivre mais il fallait de toute façon que je quitte ce lieu si je ne voulais pas perdre la raison.
Elle aurait peut-être envie de m’accompagner mais peut-être serait-elle simplement curieuse… La manière dont elle verrait cela m’importait peu, tout ce que je voulais c’est qu’elle se prenne en main et fasse un choix. Je ne la connaissais pas et pourtant je sentais que je pouvais lui faire confiance, elle avait l’air fragile en apparence mais je savais que cela n’était qu’une illusion et qu’elle cachait sûrement un énorme potentiel ou talent. Les personnes qui se renferment à sa façon sont souvent des êtres mis à part à cause d’un quelconque phénomène qualifié de « hors normes » c’est du moins ce que j’avais pu constaté a plusieurs reprises et je ne pensais pas me tromper. Mon flair m’indiquait aussi qu’elle n’avait pas l’intention de m’attaquer. Cela se sentait en elle, dans son comportement, son attitude si décontracté mais à la fois indéterminable car il était bien difficile de savoir ce à quoi elle pouvait bien songer.
D’ailleurs à quoi aspirait-elle ?




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MessageSujet: Re: Pardonne-moi. [Pv Hikari]   Mer 23 Nov - 9:12

Debout, avec ce sourire suffisant.
La réaction de l’inconnu qu’elle avait percuté la laissait entre deux états. Satisfaction et résignation. D’une part, la demoiselle qu’elle avait touchée de son épaule s’était retournée. Elle l’avait entendu, elle l’avait sentie. Elle, au milieu de tout ce peuple, de tous ces corps, de tous ces bruits. Et c’était une forme de jubilation qui la saisissait quand elle s’apercevait qu’elle pouvait avoir une présence, qu’elle pouvait faire partie du reste des mortels. Mais d’un autre côté, alors que la douce s’excusait platement – n’accordant visiblement que peu d’importance à la désinvolture de Shokei – les mots qu’elle employait laissaient un goût amer. Et peut-être que l’Iwajin dû changer subitement d’expression, son sourire se transformant en une grimace de déception, car tout de suite l’inconnue enchainait sur des explications qui atténuaient ses propos. Shokei se radoucit. Elle était tombée sur une bonne âme, observatrice du moins. Se désintéressant cependant de ce qu’elle lui racontait, ne captant que quelques mots par-ci par-là, elle s’était mise à observer l’animal qui accompagnait la demoiselle de Konoha. C’était un chien, comme elle en voyait rarement chez elle. Ou peut-être un loup ? Mais dans ce cas, un loup extrêmement bien dressé pour accepter de suivre ainsi son maitre, autant dans la marche que dans l’attitude, renonçant à sa liberté. Peut-être était-il si affamé qu’il la suivrait partout sans broncher, dans le seul espoir qu’elle le nourrisse. Mais il n’avait pas l’air de mourir de faim, et sa maitresse n’avait pas l’air d’être méchante avec lui. En conclusion, c’était surement un chien. Malgré tout, Shokei ne serait pas volontiers allée vers lui, parce qu’elle avait quand même bousculée la Konohajin et qu’elle n’était pas certaine de savoir comment réagissaient les chiens quand on touchait à leurs maitres.

L’inconnue en était à parler du marché de Konoha, chose à laquelle Shokei n’avait jamais songé en venant ici, et elle s’apprêtait donc à le lui signaler gentiment, pour mettre fin à ses préoccupations. Mais la tâche était beaucoup aisée qu’elle n’y paraissait, car la demoiselle était visiblement lancée dans de grandes réflexions et poursuivait sans laisser de répit assez grand à Shokei pour qu’elle s’exprimât. Finalement, se tenant la tête dans une expression d’étrange souffrance, elle se tut enfin, pour quelques secondes. Suffisante à la kunoichi pour lui répondre néanmoins, car comme à son habitude elle n’avait jamais grand-chose à dire ou contractait assez bien ses idées en de simples phrases, courtes. « Il n’y a pas de mal, c’est moi qui m’excuse pour mon attitude. Je suppose que les bruits étant déjà gênants pour moi, cela doit vraiment être affreux pour vous… » Et disant ceci, elle s’inclinait dans une courbe fine et gracieuse. Lorsqu’elle se relevait, elle affichait le sourire le plus chaleureux qu’elle puisse faire – même s’il paraissait si terne – et on pouvait lire une compassion sincère dans ses yeux. Hikari se présenta, elle et son animal. Compagne ? Le lien qui les unissait devait vraiment être fort pour qu’elle l’appelât compagne, comme s’il s’agissait d’un ami humain. Shokei avait un peu de mal avec cette perception des choses, et ne comprenait pas très bien, car elle-même n’abordait pas du même œil les relations humaines que le commun des mortels. Si elle était si distante avec un Homme, elle n’arriverait pas à considérer un animal comme un ami, car il était encore plus loin de l’Homme. Non pas qu’elle le considérât comme un être inférieur – non, il était par bien des aspects plus noble que l’humaine – mais c’était une logique purement relationnelle.

Rien, pour personne.
« Je… Enchantée. Shokei, Reikoku Shokei. » Les choses se bousculaient un peu dans l’esprit de la fille d’Iwa. Hikari, car c’était ainsi qu’elle s’appelait, avait un débit de parole impressionnant. Elle avait parlé de la masse grouillante des Hommes, mais elle-même était animée de la même ardeur. Shokei était plus habituée aux réflexions calmes et posées de ses fréquentations – peu nombreuses il fallait le dire – et se faire bousculer verbalement de la sorte la mettait dans un état de précipitation, comme une forme de légère panique, qu’elle n’aimait pas du tout. « Je viens d’Iwa. » Elle sentit son pouls, qui s’était sauvagement envolé, se calmer peu à peu. Exprimer des choses simples était rassurant. Parler d’Iwa l’était encore plus. Alors, combiner des faits logiques, simples à son pays, était un bouclier contre l’affolement. Ainsi elle retrouvait son état d’impassibilité complète. Encore une fois elle fut prise court cependant, avec la proposition de suivre sa nouvelle connaissance dans les bois. Décidément, la nature-même de la Konohajin serait une rude épreuve pour Shokei.

Elle reculait d’un pas, et contemplait librement Hikari. Qu’est-ce qui lui laissait penser qu’elle accepterait de suivre si facilement une fille à peine rencontrée ? Pourtant, il n’y avait pas de réponse dissimulée dans l’observation de celle-ci. C’était visiblement une demoiselle avec beaucoup de compassion et une incroyable croyance en la bonté du monde. Après tout, elle n’avait pas hésité à s’excuser, et à faire un pas vers elle, alors qu’elle-même avait été particulièrement désagréable – et avait tout fait pour d’ailleurs. Shokei serait un poison si elles venaient à se parler sérieusement, un jour. Ce serait la destructrice de ce bonheur simple. A ses côtés, la dénommée Yume – puisque le chien s’avérait être « une » – suivait toujours les gestes d’Hikari avec attention. Elles semblaient comme unies. Et en voyant cela Shokei fut confortée dans son idée : elle ne ferait que piétiner de beaux espoirs. Cependant, elle se demandait encore ce qui pouvait conduire cette demoiselle à l’inviter dans son escapade. Qu’est-ce qu’Hikari avait lu en elle ? Qu’est-ce qui s’était échappé de ce masque fantomatique et qui avait attisé sa curiosité ? Elle leva sa main et la porta à son visage, le palpant, l’étirant un peu. Il n’y avait plus de sourire, plus de sentiment, ce n’était que nostalgie et soumission. La peau de Shokei était moelleuse, propre. Aussi malléable qu’un masque de plastique mou. Qu’avait-elle cru voir sur ce visage ?

Puis elle se souvint d’une phrase que l’autre avait sans doute prononcée négligemment. « Je rêverai de m’échapper… » Rêver, ça, Shokei le pouvait. Faire rêver aussi. Elle était même plutôt douée dans la matière. Alors elle avait penché la tête un peu sur le côté, secoué sa grande masse de cheveu et, tout en s’avançant aux côtés de Hikari et son animal, avait répondu : « Je te suis. Il ne faut pas briser un rêve, surtout pas quand il vient de naitre… » Ceci n’était que du charabia, de longues phrases trop condensées. Et pourtant, il était fort probable qu’elle comprenne, puisqu’elle avait apparemment déjà décelé quelque chose en Shokei. C’étaient de simples mots qui signifiaient tant de choses.

Sur le sentier qui nous mène dans ces bois, ici, pousse un nouveau rêve. Ils disent que j’en suis la créatrice, car je sais illusionner, mais en vérité, c’est de ton rêve qu’il s’agit.
Ici, dans ce monde, des fleurs pousseront même dans le goudron.

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MessageSujet: Re: Pardonne-moi. [Pv Hikari]   Jeu 8 Déc - 18:06




Pourquoi es-tu parti ?
Tu as sali mon coeur...
Pourquoi est-ce que tu fuis ?
C'est à moi d'avoir peur...


J’attendais toujours stoïquement une réponse de la part de la jeune Kunoichi d’Iwa. Elle semblait comme absente, perdue dans ses pensées infinies telle une étoile filant à travers les cieux, fendant les airs sans nullement se soucier de l’endroit où elle allait atterrir. Shokei était comme cela. Je la sentais encore plus mystérieuse qu’au premier regard et ce sentiment fut accentué lorsqu’elle me répondit :

« Je te suis. Il ne faut pas briser un rêve, surtout pas quand il vient de naître… »

Le rêve… Etait-elle une adepte du genjutsu ? Non… Il devait s’agir d’autre chose… L’illusion n’est pas forcément rêve au contraire elle ne fait que montrer éphémèrement ce que l’on désire posséder ou notre aversion.
Il devait s’agir d’un don moins banal en rapport avec les songes cela j’en étais persuadée… Etait-elle capable de lire les rêves ? De les décrypter ? Ou bien alors de nous y plonger ?
J’avoue que je ne savais pas vraiment quoi en penser… Je ne ressentais aucun effroi, aucune menace où ma conscience m’aurait dicté de fuir, tout comme mon instinct.
Qu’entendait-elle par « vient de naître » ? Ce questionnement m’intriguait également. Avait-elle sentit que je possédais un rêve tout récent ? A savoir retrouver Karasu ? Cette révélation me glaça le sang et m’en fit frissonner l’échine.
Un Inuzuka avait horreur d’être débusqué, déchiffrer. Il avait sa part de secret et de recul vis-à-vis des autres. Et Shokei elle, tentait de m’analyser ? De lire en moi ?
Je serrais les poings en essayant tout de même de garder contenance pour ne rien laisser paraître. Je ne devais pas lui en vouloir elle avait l’air un être à part et n’avait sûrement pas voulu me blesser en énonçant cela. Du moins je l’espérais pour elle…
Yume battait l’air avec sa queue en suivant un rythme qui semblait presque mélodieux, en cadence. Elle aiguisait ses sens et n’avait qu’une hâte : retrouver la sensation de l’herbe fraîche sous ses coussinets duveteux, humer l’air, laisser place aux douces caresses du vent et écouter le chant de la forêt. Et elle n’était pas la seule…

Je commençais à galoper au gré du vent suivi de Yume et de Shokei vers notre destination future. C’était avec une impatience d’enfant que je voulais faire découvrir à Shokei un autre aspect de la nature. C’est pourquoi nous arrivâmes à destination au pas de course due à une vélocité sans égale.
Nous avions quelques mètres d’avance sur Shokei Yume et moi, c’est pourquoi nous étions d’or et déjà concentrée. Nos sens éveillés à leur maximum, nous cherchions à percer les secrets de la forêt.
La brise ne nous apportait que peu d’informations, l’atmosphère semblait calme et sereine, tout les petits cœurs que nous percevions battaient faiblement et les effluves que nous pouvions filtrer à travers bois nous indiquaient qu’il y avait beaucoup plus de volatiles que de rongeurs dans les parages.
C’était absolument fascinant de pouvoir ressentir la vie de cette façon. Les arbres ondulaient doucement au rythme fluide de l’alizé laissant voguer ses branches en toute liberté à la façon d’une douce étreinte amoureuse. Un ballet magique et déroutant se jouait devant nos yeux. Les conifères apportaient la vie et l’oxygène à cette forêt, ils étaient la vie.
Trop peu de personnes ont de reconnaissance pour la bonté de ces derniers alors que je les trouve d’une beauté époustouflante… Regarder ce frêne par exemple… 300 ans qu’il admire et protège la forêt de Konoha et il n’a pas pris une ride… ou une racine…
Un seul nom me vint alors en tête : Yggdrasil l’arbre monde…
La simple évocation de son nom imposait le respect. Porteur de la vie, sa sève aurait des vertus médicinales. Cet arbre mythique et mythologique a été longuement cherché par des ninja médecins mais sans succès, c’est du moins ce que m’avait raconté ma cousine Hana, vétérinaire du clan Inuzuka.

Je fus tirée de ma rêverie par un bruissement d’ailes. Voyons voir…1…2…3…4…5 !!
J’ouvris les yeux d’un coup et demandait a Yume d’un simple regard de japper le même nombre de fois qu’il y avait d’oiseaux. Elle se mit à hurler 1 fois puis 2 puis 3… Jusqu’à 5. A chacun de ses hurlements un oiseau s’envolait comme ci eux aussi participaient à notre « jeu ».
Je souriais puis félicitais Yume.

« Bravo Yume ! Cinq ! Oui c’est bien ce que j’avais compté moi aussi ! Nous sommes devenus imbattable a ce jeu qu’en penses-tu ? Et si nous poussions le cri de la victoire ? » Dis-je avec une certaine malice dans le regard.

Les yeux de Yume pétillaient eux aussi et c’est ainsi qu’à l’unisson nous poussions un hurlement déchirant les cieux. L’astre nocturne aurait complété le tableau à merveille avec ses rayons tamisés.
Je me tournais vers Shokei, qui, je le pensais, devait être complètement choquée mais, ne m’étonnant qu’à moitié, il n’en fut rien elle avait l’air totalement impassible et avait garder son expression renfermée. Peut-être était-elle stupéfaite mais en tout cas rien ne transparaissait sur son visage.
Je n’avais pas l’habitude d’un tel comportement. En tant normal les gens cherchent à me fuit moi et ma famille où nous critiquent pour nos différence mais c’est ce que j’aimes chez nous : notre différence. Nous n’étions pas un gentil troupeau de mouton suivant les autres pour être comme Monsieur et Madame tous le monde et cet aspect « décalé » me plaisait énormément.
Tout ce mystère qui planait autour de la Kunoichi me rongeait de curiosité bien que la méfiance occupait elle aussi une très grande place dans mon être. Je ne savais pas sur quel pied danser avec elle et cela en était assez déroutant…
En tant normal mon analyse et mon sens de déduction sont infaillibles mais j’avouais avoir du mal avec Shokei… Cet obstacle, ce défi, ne fit que renforcer ma curiosité au profit de ma méfiance.
C’est pourquoi, y allant au culot mais ayant tout de même peur de la froisser, je lui demandais :

« Dites-moi Shokei… Vous avez l’air fasciné par les rêves je me trompes ? Cela me fait sourire puisque j’ai moi-même donner le nom de Yume… Les rêves… c’est quelque chose que j’aime même si ils ne sont bien souvent qu’illusion. Toutefois l’illusion permet de se laisser transporter même si il ne s’agit de quelques instants…Ce n’est qu’euphémisme et éphémère mais quel bien cela peut-il faire ou quel mal tout dépend si l’aspiration est douloureuse… Pour ma part… J’aurais voulu pouvoir connaître ma mère qui est morte en me donnant la vie. Elle s’est sacrifiée pour moi et je n’ai jamais pu la remercier de m’avoir fait naître. Je voudrais pouvoir lui dire à quel point je regrette ce qui s’est passé et au combien je l’aime même s je ne l’ai jamais connu… Il s’agit d’un sentiment profond et douloureux mais même si mon visage devait être souillés de larmes je n’en regretterais rien. Il s’agirait d’un larmoiement purificateur. Une eau bénite lavant mon âme éperdue et déchue pour l’amour d’une mère ou d’un amant… »

Je la fixais de mes yeux injectés d’or à ce moment là. Comme pour lui prouver le poids de mes paroles et la véracité de mes propos. Ma vie n’était qu’une douce et jolie toile d’araignée tissée de façon à ne rien laisser passer. Un mur infranchissable et impénétrable qui entourait mon cœur, filtrant mes comportements et mes sentiments. Elle était comme une éponge absorbante mais au jour d’aujourd’hui l’éponge commençait à pleurer, à suinter tout le mal accumuler. Elle n’en pouvait plus mais ne laissait rien transparaître…
J’avais beaucoup pris sur moi ces dernières années pour ne pas paraître plus faible que je ne l’étais déjà aux yeux de ma propre famille : Hikari l’enfant fragile ayant causée la mort de sa mère même indirectement j’étais une criminelle… Ce fut tellement difficile pour moi d’être privé d’une figure maternelle que je m’en étais substituée une… Aya représentait cette figure, ce modèle. Elle n’était pas parfaite mais qui l’était ? Mon chef de clan et frère Chikamasa était également mon père depuis que le vrai avait déserté pour on ne sait quelles raisons et que certains le pense mort…
Mon cœur s’était encore un peu plus brisé quand je m’étais laissé séduire par l’amour et que l’homme avec qui j’avais partagé ces moments s’était envolé, volatilisé comme-ci rien n’était. Il était parti sans laisser aucune trace de son passage. Cette disparition ne faisait qu’accroître ma peine. Sous la façade de la gentille Hikari un peu naïve ce cachait une femme bafouée dans son honneur et culpabilisant, s’étant construit une carapace toujours plus renforcée, exprimant un mal être profond. Un mal être que je n’avais cependant pas le droit de laisser s’exprimer car je ne voulais pas décevoir ma famille… une fois de plus.
Je me sentais a part… Exclue des miens pour la plupart. Un renégat pour sa propre fratrie…
J’étais perdue dans les méandres de mon inconscient toujours plus impitoyable a chacune de mes révélations, toujours plus sadique a chaque tiroir de nouveau ouvert. Il n’y avait que mon cœur qui était infranchissable désormais. Lui était verrouillé, cadenassé et enchaîné pour être sure que rien n’en filtre…
La kunoichi que je révélais n’était pas réellement moi… La véritable Hikari allait mal et son monde vacillait tantôt ici tantôt là… Tout ceci n’était qu’illusion… Le véritable rêve avait eu lieu en présence de Karasu… Dans cette danse effrénée, cette parade nuptiale sous un ciel parsemé d’étoiles…
Je regardais alors Shokei d’un air suppliant :

« Laisse moi rêver, une nouvelle fois… »



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MessageSujet: Re: Pardonne-moi. [Pv Hikari]   Mar 20 Déc - 17:58

~ ♪
Sitôt qu’elle avait acquiescé, Hikari et Yume s’étaient élancées dans une course effrénée. Comme si elles n’attendaient que son accord pour s’affranchir de la ville et rejoindre les grands espaces. Shokei n’avait aucunement la prétention d’être aussi rapide qu’elles, et dès le départ elles lui mirent plusieurs mètres dans la vue. Mais cela ne l’inquiétait nullement. La solitude faisait son quotidien, et elle n’avait pas l’esprit assez combattif pour prendre cette course comme une compétition. Alors elle les laissa filer, suivant à distance. Une distance qui se creusait chaque minute un peu plus. Dès qu’elle posa le pied dans la forêt, Shokei cessa de courir. Elle adopta une marche lente, souple, et silencieuse. Ainsi, il n’était guère évident de la repérer. C’était une ombre, une feuille, un rayon de soleil. Il y avait là un oiseau qui sifflait. Et Shokei se mit à chanter une douce, très douce chanson, d’une voix à peine audible. Elle en avait ôté les paroles qui, trouvait-elle, manquaient de profondeur, pour n’en garder que la mélodie. C’était l’essence même de la chanson qui transparaissait. C’était un chant qu’elle ne partageait pas, qui lui était adressé. A elle seule. Mais soudain elle s’arrêta. Le sifflement de l’oiseau s’était subitement éteint aussi, quelques secondes auparavant, et Shokei craignait que ce soit elle qui l’ait effrayé en venant si près. Alors elle se taisait, et admettait sans peine qu’elle soit une gêne pour cet autre être. Il ne fallait pas hésiter à se priver de petites choses si celles-ci entravaient à la liberté des autres. Mais, encore, l’oiseau s’envola dans un froissement d’aile précipité. Etait-elle si effrayante qu’il s’échappait ainsi ? Elle sourit néanmoins. En vérité, il n’était que très peu probable que ce soit elle qui ait fait peur à l’animal. D’une part car cela n’avait pas été dans son intention, et d’autre part car dans la seconde qui suivit l’échappée de l’oiseau des aboiements sauvages retentirent à quelques mètres de là. Yume et Hikari, probablement.

En écoutant la chienne aboyer de la sorte, Shokei fronça des sourcils et frissonna. Elle se sentait étrange, perturbée. Des cris presque humains. C’étaient plus des hurlements que de simples aboiements. Et elle put distinguer parfaitement la voix d’Hikari se joindre finalement à celle de sa chienne. Shokei les avait rejointes et les regardait, sans un mot. Intérieurement, pourtant, elle se livrait une lutte. Le spectacle était frappant. Homme et animal, si proches. Et cette image, mêlée au cri qu’elles poussaient toutes deux, agressait l’imagination de l’Iwajin. Habituellement, les Hommes ne partageaient pas leur joie de cette façon. Ils hurlaient leurs peines, leurs blessures. Il n’y avait qu’un pas entre les aboiements de Yume, visiblement joyeuse, et les cris de ceux qui étaient morts à ses côtés, agonisants de longues heures. Cette ressemblance la faisait repenser à la guerre. Mais il ne fallait pas croire, elle n’était pas triste, elle n’avait aucune pensée attendrie pour ces morts. Elle y pensait juste, aussi objective qu’un arbitre devait l’être. Parfois, une mauvaise langue lui soufflait qu’elle n’éprouvait rien vis-à-vis de la guerre parce qu’elle n’avait pas de proches, pas d’amis, pas de modèle, et qu’ils n’y étaient donc pas mort. Mais c’était faux, car elle avait même participé au meurtre de ceux qui faisaient l’objet de son admiration. C’était toute la subtilité de la guerre ; se placer dans le bon camp.

Hikari l’interpela subitement, et Shokei réalisa alors qu’elles s’étaient arrêtées. Pourquoi continuaient-elles de crier dans sa tête ? Les rêves… Shokei sourit, à peine. L’Inuzuka, au milieu d’un raisonnement – qui se défendait – sur les rêves, lui faisait part d’un profond désir. Une mère perdue, jamais connue. Combien d’enfants rêveraient de revoir leurs parents disparus… Mais ils les avaient connus, au moins. Là, il s’agissait de voir pour la première fois sa génitrice. L’Iwajin n’était pas certaine que cette vision lui soit réellement bénéfique. Outre la douleur, elle découvrirait que par sa faute, par sa naissance, elle avait privé ce monde d’une personne de qualité. Qui sait, elle pourrait en devenir folle. Bien sûr que Shokei voulait croire à la force de caractère d’Hikari, qui lui ferait surmonter cette épreuve. Et elle paraissait d’ailleurs résolument sincère et déterminée. Mais de toutes les horreurs que Shokei avait déjà imaginées pour les autres, celle-ci lui paraissait une souffrance inutile. Il fallait savoir se contenter d’une simple photo, d’un simple ouï-dire, parfois. Avant même qu’elle n’ait pu formuler ses pensées, Shokei sentit dans l’attitude d’Hikari qu’elle était préoccupée. Si on pouvait forcer son corps à être impassible, certains éléments extérieurs arrivaient à nous trahir. Yume s’agitait un peu, et Shokei se doutait, compte tenu du lien qui les unissait, que la chienne comprenait quelles pensées obscures occupaient son maitresse.

Une ultime prière de sa part acheva de convaincre Shokei. Elle n’était pas aussi insensible qu’elle avait voulu le faire croire. Que dire à une âme suppliante ? Elle-même n’était pas un être si impassible, elle avait un cœur et comprenait très bien qu’elle peine pouvait assiéger Hikari. Alors elle s’avança vers la demoiselle. Pour éviter que sa voix ne se brise, elle murmura doucement. « Yume ne pourra pas venir avec toi… L’animal est la seule force qui m’échappe encore. » Elle savait qu’elle allait faire une bêtise, mais pour ne rien laisser paraitre, elle rit, à peine forcée. Puis, elle prit les mains d’Hikari, délicatement mais avec une certaine assurance – pour bien lui montrer qu’il fallait qu’elle lui accorder une confiance totale – et les serra quelques instants entre ses doigts. Leurs regards se croisèrent. La fille d’Iwa aimait beaucoup les reflets qu’on voyait dans l’iris de l’Inuzuka. C’était une couleur lumineuse, comme un éclat de vie. Finalement, elle lui posa ses mains sur le visage, pour lui cacher les yeux avec. « Comment était-elle… Tu le sais ? T’a-t-on déjà décrit son sourire ? Parle-moi de son visage, de son caractère. » Et alors que d’une voix douce, Shokei l’encourageait à se livrer, elle lâcha peu à peu ses mains, s’assurant qu’elle les conserve devant les yeux cependant. Puis, tout en gardant un contact avec elle, se plaça dans son dos et posa alors ses mains sur ses deux épaules. « Parle, parle. De tout ce qui te vient à l’esprit. Oublie ce qui t’entoure. Oublie-moi. Oublie-la aussi. Et quand tu auras finis, je te raconterai une histoire… »

Peu à peu, elle se détacha d’Hikari, recula d’un pas, puis d’un autre. L’iwajin se tourna un instant vers la chienne qui, intelligemment, s’était placé en retrait. Alors, maintenant à plus d’un mètre de l’Inuzuka, Shokei ne put retenir quelques larmes. Elle détestait cela, elle détestait agir en sachant pertinemment qu’elle briserait un cœur. Peut-être pour toujours. Désolée… Désolée… Mais elle ne l’entendrait pas. Car pour Hikari, elle ne ressemblait plus à Shokei. Et Yume n’était plus assise là, à les observer d’un œil sévère, mais elle lui semblerait endormie, le museau entre les pattes. La forêt ne faisait plus de bruit, comme retenant son souffle. Il n’y avait qu’Hikari, qui parlait. Et quand elle se tairait, quand elle ouvrirait les yeux, ce serait un paysage semblable, le même silence.

Retourne-toi mon enfant, viens dans mes bras.
Oui, c’est moi. Ne me reconnais-tu pas ?

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MessageSujet: Re: Pardonne-moi. [Pv Hikari]   Mer 21 Déc - 14:28





'♫

Pour l’amour d’une mère….

Tout était en paix. La forêt elle-même semblait sereine et je ne pouvais m’empêcher de l’être également malgré la difficulté que j’éprouvais à offrir ma confiance. Shokei imposait le respect et je savais que je pouvais compter sur elle et sur ses paroles. Elle ne me trahirait pas, je ne savais pas pourquoi mais j’en étais convaincue…
Elle m’apprenait que Yume ne pourrait pas venir avec moi là où elle m’emmènerait parce qu’elle ne savait pas encore dompter l’animal et le laisser entrer dans ses illusions. Je ne pouvais que comprendre car bien que très proche de l’Homme – il fallait voir la relation des chiens avec les Inuzuka – l’animal gardait son instinct sauvage et ne se laissait pas si facilement bercer. Il était très difficile d’emmener une bête à un état de plénitude aussi pousser qu’une transe.
Car oui c’est comme cela que j’imaginais le monde de Shokei. Une transe, une hypnose profonde me menant dans les méandres de mon inconscient avec un soupçon de ce que je qualifierais de magie. Une magie qui pouvait être aussi bienfaitrice que mauvaise, tout dépendait de ce à quoi on aspirait.
Pour ma part, j’avais beaucoup de mal à déterminer si je devais considérer mon rêve comme bien ou mauvais.
En effet, revoir un proche disparu ne pouvait que susciter de la tristesse et de la joie tout à la fois. Mais qu’en était-il pour un être que l’on n’a jamais vu, jamais connu mais qui pourtant a fait que vous êtes présent sur cette Terre. Sans ma mère et son sacrifice jamais je n’aurais vu le jour. Une vie en échange d’une autre…
Je savais que cette expérience allait être difficile mais j’avais besoin de savoir. J’avais de nombreuses fois espérée pouvoir la rencontrer mais je pensais cela impossible. Maintenant que j’en avais l’opportunité je ne pouvais pas décliner sous peine de m’en vouloir le restant de ma vie.
Bien qu’il allait s’agir d’une épreuve difficile je me devais de la vivre. Je me devais de connaître ma génitrice.
Je savais parfaitement dans quoi je m’engageais et pourtant je ne pouvais cesser d’observer Shokei qui semblait peinée à l’idée de me faire vivre un tel moment… je suppose.

Celle-ci prit mes mains entre les siennes, serrant quelque peu mes doigts et figeant son regard dans le mien qui se voulait déterminer. Peu à peu, la kunoichi vint à poser mes propres mains sur mes paupières pour finalement retirer complètement les siennes. Elle était mon guide.

« Comment était-elle… Tu le sais ? T’a-t-on déjà décrit son sourire ? Parle-moi de son visage, de son caractère. »

Ma mère ? Comment était-elle ? Je n’avais jamais cherché à façonner son image par peur d’être totalement à l’opposé de ce qu’elle pouvait être. Je m’étais toujours créer une vision d’elle à travers mes proches que j’avais interrogé énormément par le passé sur la question. Je ne savais rien d’elle ou rien de très probant mais pourtant j’avais la sensation de la connaître par cœur.

« Elle était très douce et très attentionnée, très protectrice envers ceux qu’elle aimait. Son sourire… il était chaleureux. Son simple visage laissait transparaître toute sa gentillesse et l’affection qu’elle pouvait porter en elle. C’était une Kunoichi hors paire, dévouée a tout ce qu’elle entreprenait et fidèle au poste…»

Je soupirais un instant en repensant à toute l’admiration que j’éprouvais pour elle. Elle avait toujours tenté de raisonner ma sœur qui avait un caractère de chien. Quoi que même cette expression était une insulte aux canidés vu l’étendu de son sale caractère…
Je sentais le déplacement d’air autour de moi, me signifiant que Shokei se mouvait autour de moi mais je sentais mes perceptions sensorielles amoindries. C’était un sentiment très faible, tout comme l’effleurement à peine perceptible de ses mains sur mes épaules.
Mes sensations s’amenuisaient peu à peu alors que Shokei prenait le contrôle de mon inconscient. Je me sentais bien pour le moment, sereine, en paix avec moi-même, comme une profonde méditation.

« Parle, parle. De tout ce qui te vient à l’esprit. Oublie ce qui t’entoure. Oublie-moi. Oublie-la aussi. Et quand tu auras finis, je te raconterai une histoire… »

Tout oublier ? Plus rien ne devait exister autour de moi… En temps normal cet exercice ce serait révéler quasiment impossible car lorsque l’on possède des sens affûtés il est très difficile de faire abstraction de tout ce qui nous entourent. Vous êtes constamment perturbé par le souffle du vent, la cacophonie environnante ou les autres effluves abondants.
Cependant en cet instant, tout était différent et semblait plus facile. J’étais détendue et j’avais l’impression que mon corps vacillait tandis que mon âme elle, restait sur pied.
Je n’éprouvais aucune appréhension ou aversion, j’étais prête à la voir…
Yume dormait paisiblement sous un arbre, pattes lui recouvrant le museau, il était bon de la voir aussi paisible.

« Elle était si belle et si douce… Elle possède des cheveux d’un noir de jais profond et mes yeux ambrés… Je lui ressemble beaucoup d’après les autres… Mon frère et ma sœur possèdent eux des yeux émeraudes tout comme mon père. Mais moi je les ais dorés comme maman… C’est comme-ci en quittant son corps, son âme c’était réfugié dans le mien. Je la sens constamment avec moi. Je suis maman en miniature… Elle portait ses longs cheveux attachés en deux tresses de part et d’autre de son crâne tandis que je porte les miens en couettes, attachés avec ses anneaux dorées qu’elle m’a laissé… Dans ma chambre j’ai un cadre qu’elle avait confectionné avec des feuilles d’arbres et de bambous qu’elle avait ramené de ces différentes missions à travers le monde. Il y a une photo d’elle avec mon père, mon frère et ma sœur. Cette immortalisation m’est précieuse mais elle ne cesse de me mettre à l’écart me rappelant que par ma faute jamais aucun cliché ne pourra être pris avec elle et moi tout à la fois... »

Au fur et a mesure que je déblatérais tout ce qui me venais à l’esprit, je sentais que le monde changeait autour de moi, tout se créerait au fil du temps. Je me sentais seule car plus aucun bruit ou sensation ne se laissait sentir, tout était stérile mais aucunement menaçant.
Il vint un moment ou un vide se fit ressentir en moi et c’est à cet instant que je choisis d’ouvrir les yeux sur un décor strictement identique a celui que j’avais laissé.
J’eu même l’impression que Shokei avait échoué mais pourtant je sentais quelque chose de différent, elle était là… dans mon dos.
J’osais à peine me retourner tellement cette vision ne pouvait décemment pas être réaliste.
Je l’avais attendu toujours désespérément jusqu’ici mais maintenant que tout ceci c’était réalisé je n’arrivais pas à y croire…
Toutefois j’étais ici pour cela, peut importe la désillusion que cela pourrait m’apporter, je devais être forte et affronter mes rêves…
Je serrais les poings à m’en planter les griffes dans la peau, laissant des traces légèrement sanguinolentes au creux de ma paume. J’inspirais et expirais profondément puis me retournait…
et la vit…
Mes yeux s’écarquillèrent de stupeur. Elle était encore plus belle que sur les photos. Sa présence imposait le respect et montrait bel et bien une extrême gentillesse.

Oui, c’est moi. Ne me reconnais-tu pas ?

Sa voix était mélodieuse mais paraissait lointaine.
Je voulais pouvoir parler mais je bafouillais de surprise face à cette vision de rêve. J’avais toujours voulu la voir mais je ne savais pas quoi lui dire… M’en voulait-elle, elle aussi ?
Je laissai rapidement l’émotion m’envahir et prendre le dessus :

«Ma… Maman ? C… C’est bien toi ? … Comment pourras-tu me pardonner ? Je… Je n’arrive pas à le faire ! Je suis une meurtrière ! C’est… C’est à cause de moi si tu es passé de l’autre côté !! Que dois-je faire pour passer au dessus de tout cela ? Même si je fais semblant d’aller bien tout va mal… Mais je me dois d’être forte pour ton honneur… Dans les débuts de ma vie, beaucoup m’en ont voulu, me le reprochais alors que Papa, Aya et Chikamasa s’occupaient de moi en me priant de ne pas les écouter. J’ai eu longtemps une santé fragile et on ne savait pas si je pourrais devenir une kunoichi digne du nom Inuzuka un jour… Toutefois je me suis battue, j’ai essayé de me montrer forte et de garder la vie que tu m’as conférée au prix de la tienne. C’est difficile sans toi maman… J’aimerais que tu sois là avec nous surtout depuis que papa est parti… Nous sommes seuls tous les trois… »

Des perles salées ruisselaient le long de mes joues rougies de haine et de colère envers moi-même. Je baissais la tête alors que je serrais les crocs et les mains toujours plus fortement, honteuse d’avoir pris sa vie.
Mon père avait lui aussi disparu et tout le monde le pensait mort mais j’étais certaine du contraire.
Je croyais en lui, il n’avait pas le droit de m’abandonner, pas le droit de nous laisser…
Je redressais la tête et fixais de nouveau ma mère, par peur qu’elle disparaisse de nouveau, car je le savais toutes les bonnes choses avaient une fin et les rêves n’étaient que des illusions, il suffisait d’un souffle pour que le château de cartes s’écroule…


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Dernière édition par Hikari Inuzuka le Ven 23 Déc - 18:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pardonne-moi. [Pv Hikari]   Jeu 22 Déc - 13:21

De tout ce qui lui appartenait encore, c’était ce don qu’elle chérissait le plus. L’art des illusions, des rêves et de la liberté. Comme si toute la rage qu’elle avait mise dans cet apprentissage, et tout le désespoir qui avait nourrit son imagination, avaient finalement contribués à la fierté qu’elle éprouvait maintenant en manipulant les images. C’était toujours avec une immense joie et une très grande inquiétude qu’elle se livrait à son don. Et alors qu’Hikari lui racontait tout ce qu’elle savait de sa mère, Shokei laissait son imagination pénétrer l’esprit de la demoiselle. Elle regardait ses mains et les trouvait semblables à quelques secondes plus tôt. Mais elle n’était plus qu’un fantôme, un mirage, et sa douce amie ne verrait pas les mêmes mains, la même peau, les mêmes cheveux, le même visage. Chaque parole que prononçait l’Inuzuka prenait forme dans une nouvelle illusion, appliquée et réaliste autant que possible. Shokei hésitait même parfois à y mettre sa touche personnelle comme elle le faisait habituellement, car elle savait qu’elle était un être désabusé et que sa propre imagination pourrait causer du tort au rêve qui poussait sous leurs pieds. Elle ne voulait surtout pas qu’Hikari, en excellente observatrice qu’elle était, découvre le subterfuge et s’en effraie.

Peu à peu, Shokei comprenait ce qui avait poussé la demoiselle à émettre ce vœu. Le sentiment d’absence de cet être, chéri à ses yeux. Ce vide autour d’elle qui avait été créé par de simples faits, des remarques tantôt, ou des preuves que sa mère avait existé jusqu’à son arrivée. Elle ne savait pas vraiment si c’était de la peine pour Hikari qu’elle éprouvait maintenant, ou si celle-ci avait réussi à lui transmettre son sentiment de culpabilité. Dans tous les cas, la gêne qui s’était installée depuis quelques minutes déjà ne cessait d’augmenter, continuellement. Elle en venait à se demander si ce qui les unissait toutes deux en cet instant ne la perturberait pas plus que ce qu’elle croyait.

Puis la Konohajin se retourna enfin. Au prix de quel effort, cependant. Elle semblait surprise, et un peu perdue. Shokei, dans son rôle de mère, tentait de répondre à tous les détails dont on lui avait fait part. Son esprit s’était structuré et elle était certaine de ne rien avoir oublié. C’était son œuvre, elle donnait sa vie, ses heures précieuses, à façonner son esprit pour créer les rêves les plus parfaits. Elle sourit doucement et ce sourire parut illuminé, bienveillant, sur les lèvres de sa mère. Elle s’était promise que, quelque soit la réaction de sa douce amie, il faudrait qu’elle parvienne jusqu’au bout de son illusion. Elle lança un regard furtif vers Yume, la chienne, qui observait toujours la scène avec attention. Ressentait-elle les émotions de sa maitresse, présentement ? Si c’était le cas, il faudrait veiller à ce qu’elle n’interfère pas. Shokei supposait pertinemment qu’en effet Yume réagirait si elle pensait qu’Hikari souffrait trop ou était en danger. C’était aussi la raison pour laquelle elle l’avait symbolisée endormie dans le rêve. Soudain, un nouveau déclic s’opéra dans le comportement de la Konohajin. Comme si son cœur avait contenu le mal trop longtemps, elle se libéra soudainement et répandit tous ses doutes, tous ses regrets, toutes ses peines, dans un flot de parole. Sa voix semblait un peu incertaine, mais les paroles étaient dures. Envers elle-même. Le sourire de Shokei s’atténua. Elle pensait à elle-même.

A l’instar d’Hikari, l’Iwajin n’avait jamais eu grande estime d’elle-même. Vis-à-vis de ses parents, de ses talents et des autres. Alors elle avait su trouver une voie qui l’avait libérée de tous ces maux. Une voie qui lui était propre, bien que malheureuse et de soumission, c’était la façon qu’elle avait trouvé pour se sentir bien. Heureuse. Mais elle ne proposerait pas la même à cette fille, c’était certain. Elles n’avaient pas le même caractère, pas les mêmes désirs, pas la même histoire non plus. Si elle-même avait été destinée à cette vie de transparence, Hikari devait être poussée sur le devant de la scène. Elle devait montrer à tous son pétillement, son intelligence et son courage. Et puis, elle n’était pas seule, contrairement à Shokei qui n’avait qu’un vide immense autour d’elle. Il y avait Yume, et elle avait des frères et sœurs.

« Chut… Hikari, ne pleure pas. » Elle s’avança et posa sa main droite sur son épaule, dans un geste qui se voulait réconfortant. « Je suis désolée si tous ces gens t’ont fait du mal. C’est dur, mais il faut être forte. Ne t’en préoccupe pas. » Se taisant une seconde, elle la considéra, d’un regard aimant. Le même regard que sa propre mère lui portait. Le même regard qu’elle aimerait offrir à quelqu’un, un jour, son propre enfant peut-être. Puis sans prévenir, elle saisit Hikari à bras-le-corps, la serrant tendrement mais avec assurance. « Je suis fière d’avoir donné ma vie dans un but noble. S’il fallait le refaire pour voir de nouveau une si jolie enfant venir au monde, je le referai volontiers. C’était mon choix, et je ne regrette rien. » Elle se redressa, pour regarder de nouveau le visage d’Hikari et lui sourit. « Toi aussi, tu ne dois rien regretter. Fais-le pour toi, pour nous deux. Continue de te battre comme tu le fais, j’ai confiance en toi. »

Inconsciemment, Shokei faisait pleurer la mère. Un fin filon d’eau. Pourtant elle-même ne pleurait pas. Pour arriver à prononcer ces paroles, elle avait préféré se désengager de toute émotion, de retirer son esprit de la scène. Alors elle demeurait impassible, renfermée, pour éviter que cela ne l’atteigne elle-même et qu’elle regrette ses propres actes, passés.

On pleure mais on finit par sourire ; et tout en souriant on pleure.

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MessageSujet: Re: Pardonne-moi. [Pv Hikari]   Ven 23 Déc - 18:36





'♫


Le monde n'est qu'illusion,
C'est pourquoi je m'évade dans mes rêves...
Je profite de ma rédemption,
Avant que le sablier ne s'achève...



Je me sentais vraiment diminuée à cet instant, me lamentant devant la figure maternelle que j'avais toujours pleuré. Je me reprochais cette attitude enfantine qui ne révélait en moi qu'une enfant gâtée.
Après tout, il y avait bien pire situation que la mienne... J'aurais pu être vraiment seule sans aucune autre famille. J'avais de la chance dans mon malheur et ce n'est qu'en observant cette illusion de ma mère que je réalisais l'étendue de ma bénédiction.

Shokei, elle, avait l'air vraiment seule. Peut-être n'était-ce pas le cas mais peut-être l'était-il aussi. Elle m'offrait la possibilité de discuter avec cet être perdu même si il n'était qu'un rêve sans consistance. Je n'avais donc pas le droit de me laisser aller de cette façon.
Ma mère me le rappela en posant sa main sur mon épaule et en me chuchotant d'arrêter le flot de mes larmes. Elle ajoutait qu'elle était désolé de tous ce que les autres avaient pu me reprocher, comme-ci cela avait été de sa faute... elle n'était pas à blâmer mais je me rendais compte, en cet instant, que moi non plus je ne l'étais pas... Je n'étais qu'un nourisson subissant sa mise au monde, sans penser un instant aux conséquences de mon arrivée... J'ignorais pertinnement que ma mère serait passer à trépas en me conférant la vie...

Maman me serra fortement dans ses bras et ce contact me fit un bien fou. Je m'abandonnais complètement dans ses bras chaleureux. J'avais toujours espéré, ou ne serait-ce que songer pouvoir vivre pareil moment. Elle me contait a quel point elle était fière de moi et au combien elle ne regrettait en rien son don, allant même à me révéler qu'elle le ferait encore volontiers.
Elle était fière de moi et me priait de continuer à avancer noblement dans le courant de la vie difficile pour nous deux...
Elle se mit elle également à pleurer. Ses joues étaient ternis par un fin filet perlé de gouttes de rosées.
Je lui déclarais a quel point je l'aimais, qu'elle ne devait pas être triste, que je lui promettais d'être forte et de me battre jusqu'à la mort comme l'Inuzuka loyale que j'étais.
J'avais envie de rester avec elle encore et encore mais alors qu'elle me serrait fort, sa pression sur mon corps diminua imperceptiblement puis plus fortement : l'illusion commençait à vaciller.
Je désaprouvais cette situation, je n'avais pas envie que le rêve s'effondre, pas maintenant...
Mais quand le voudrais-je ?
Je savais pertinnement en y entrant que je devrais en ressortir. Peut importe le temps écoulé j'en serais toujours contrarié. Le sablier ne pouvait pas stagné , le temps s'écoulait toujours et ne se suspendait jamais... J'aurais voulu pouvoir rajouter des grains de sable pour allonger le moment mais c'était contre nature et infaissable.
Je voulais pouvoir rester avec elle mais cela était impossible, je ne pouvais pas rester dans ce monde imaginaire.

Je ne savais pas si le rêve allait prendre fin par ma faute ou si Shokei atteignait ses limites. Peut-être aussi voulait-elle mettre fin a ces retrouvailles empruntes d'amertumes et d'émotions...
Son image et celle de Yume se parasitaient petit à petit alors que je hurlais leurs noms.

" Yume ! Maman !! Ne me laisse pas je t'en supplie..."

Ma voix se déchirait en sanglot et devint à peine audible alors que tout disparaissait. Je me sentais mal, une lourde migraine me rongeant la tête. J'entendais distinctement mon poul pulser à l'intérieur de mon crâne alors que celui-ci me faisait un mal de chien. Je me crispais tant la douleur était vive et prenante.
Puis le monde devint noir...

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Lorsque je repris conscience, ignorant combien de temps s'était écoulé mais je pensais toutefois qu'il ne s'agissait que de quelques secondes, le temps de quitter un monde et de retrouver le mien, le mal de tête quelque peu atténué, j'aperçu Yume cramponné a ma jambe, crocs plantés dans ma chair. Je la chassais d'un revers de la main, les yeux ambrés remplit de stupeur ne comprennant pas son attitude. Celle-ci revint, penaude, léchant ma blessure nouvelle.
J'observais Shokei qui était accroupie au dessus de moi lançant des regards noirs a Yume, comme-ci celle-ci avait perturbé son rituel où je ne sais quel autre phénomène.

Je me demandais où je me trouvais, un peu à la façon d'un somnanbule que l'on aurait réveillé en pleine crise : complètement désorientée.
A voir le regard gravisime de Shokei, je compris que Yume venait de faire une énorme bêtise, qui aurait peut-être pu mettre ma vie en danger... C'était surement elle qui m'avait tiré de l'illusion en me mordant, s'inquiétant pour moi. Elle ne savait pas que son geste aurait pu être très néfaste pour ma personne...
Je m'empressa de l'expliquer à Shokei :

" Oh ! Shokei ! Tu sais Yume ne l'a pas fait exprès... Elle voulait sans doute me tirer de mon rêve du fait d'un comportement étrange de ma part mais ne pensait aucunement que son acte aurait pu en atteindre à ma vie. "

Je la fixais d'un regard emprunt de compassion et de remerciement en ajoutant :

" Je te remercie pour ce que tu viens de me faire vivre... Sans toi, jamais je n'aurais pu espérer voir ce que tu viens de me montrer..."

Je voulu me redresser, car oui j'étais au sol, mais ma jambe me priait de renoncer et m'en dissuadait. Je serrais la crocs de douleur.

" Merci Yume... Tu ne m'as pas loupé..."

Ma chienne émit un son qui se voulait plaintif et honteux, queue et oreilles baissées.
J'observais ma blessure de plus prêt en grimaçant tant elle était sanguinolente et rougie et sorti un mouchoir en tissu avec lequel je me fis un garot improvisé en déchirant un pan avec mes dents et me remit sur pied comme ci de rien n'était, ignorant totalement la douleur lancinante que je pouvais ressentir : cela tiendrais bien jusqu'à ce que je rentre à la maison.
Je pus aussi observer des petits croissants de lune sur ma paume : la trace de mes ongles. Et je me souvenais alors du moment où je serrais les poings pendant l'illusion... Est-ce que les dommages corporelles ressenties dans les rêves de Shokei se traduisaient vraiment dans le monde réel ? Je pensais en tenir la preuve mais ne soulevait néanmoins pas la question.
Je souris à Shokei et lui dit :

" Je me sens idiote de ne pas disposer de pareilles capacités auxquelles je pourrais t'initier alors : puis-je t'être utile dans quoi que ce soit ?"

Je n'évoquais pas les souvenirs que j'avais de l'illusion car ils m'étaient précieux et personnels de plus, je savais que Shokei avait vécu toute la scène, comme moi, il était donc inutile de réouvrir une plaie que je tentais désormais de refermer.

L'amour c'est beau, mais c'est douloureux...



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Rei Jinzô
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MessageSujet: Re: Pardonne-moi. [Pv Hikari]   Jeu 29 Déc - 8:00

Finalement, tout semblait bien se dérouler. Tous ces espoirs n’étaient pas vains, alors. Et Shokei, aussi stoïque et distante désirait-elle être, se sentait repue. Nourrie de l’ardeur avec laquelle Hikari se battait, elle était comme rassurée. La demoiselle était forte, si forte qu’elle arrivait à outrepasser la souffrance et la tristesse de telles « retrouvailles » entre elle et sa mère. Si forte qu’elle continuerait de se battre pour ne pas céder une once de terrain face à la noirceur de son cœur. Shokei eut une pensée amère pour la vieille femme que deviendrait l’Inuzuka. A se battre toute sa vie, elle finirait épuisée, vidée, sans doute. Il était si facile de se laisser porter par les évènements, de ne se préoccuper de rien et d’admettre les choses, aussi mauvaises pouvaient-elles être, avec humilité. Elle découvrait quel fossé il pouvait y avoir entre deux personnes, quels états d’esprits si dissemblables pouvaient cohabiter sereinement. Elle appréciait nettement la lueur qui brillait en sa compagne. Lui vouait-elle un brin d’admiration ? Elle sourit, mystérieuse et innocente.

Mais un évènement impromptu vint tout chambouler. Ou plutôt tout ruiner. Yume, qui ne pouvait que ressentir les émotions de sa maitresse et ignorait sans doute tout de ce qu’il se passait dans son esprit, se jeta d’un bond et planta ses crocs dans la chair tendre d’Hikari. Par cet acte, elle brisait l’illusion, rompait le lien qui unissait les deux humaines. Trop rapide, l’Iwajin n’eut pas le temps de faire grand-chose. Déjà Hikari changeait d’état. Elle n’était plus aussi posée. La souffrance physique ajoutée à celle psychologique la faisait se débattre, elle se mit à crier. Saleté d’animal. Le regard de Shokei se fit dur et ses joues se creusèrent dans une grimace mauvaise. Elle n’insista plus, et relâcha la demoiselle, sans s’en éloigner cependant, car elle voulait lui porter assistance. Elle hésita, l’espace d’une seconde à balancer un coup de pied à la gueule de la chienne, pour la faire lâcher prise. C’était ainsi qu’ils dressaient les animaux, chez elle, pour les employer dans des équipes cynotechniques. Coups de pied ou de bâton. Mais elle ne pouvait pas s’emporter si facilement pour une histoire de rêve. De plus, elle avait toujours été contre ces pratiques tortionnaires pour le dressage des chiens. Alors elle ne fit rien, se contentant d’aborder un regard furieux.

Lorsque la jeune fille de Konoha s’effondra complètement, Shokei s’empressa de venir la soutenir, tant bien que mal car sa position n’était pas très évidente. Tout se mélangeait un peu dans son esprit. Elle était à la fois frustrée, énervée et anxieuse. Ce qui était certain, c’était que toute trace du contentement qui l’avait étreint auparavant avait disparu. Très vite, l’Inuzuka rouvrit les yeux et Shokei se sentit un peu soulagée de voir qu’elle allait relativement bien malgré son air hagard. Chacun réagissait différemment à la sortie brutale d’une illusion comme celle qu’elle venait de vivre, mais la souffrance que cela pouvait causer restait bien réelle pour tous, elle. Interceptant le regard rageur que l’illusionniste lançait à Yume, Hikari tenta de la défendre. Bien sûr, elle entendait parfaitement l’argument de la demoiselle, elle y avait d’ailleurs immédiatement songé, mais sa frustration et son inquiétude demeuraient intactes malgré tout. Elle se radoucit cependant devant le regard plein de gratitude qu’elle lui offrait. Ce n’était pas tellement pour ce regard, mais pour l’acte-même que Shokei était plus tendre. Qu’on prenne conscience de sa valeur et la remercie était sans aucun doute une preuve immense d’existence aux yeux de l’Iwajin. Elle, ce fantôme qui hantait les rues, se voyait élevée à un tout autre niveau. C’était quelque peu effrayant tout de même. Elle sourit malgré elle, un sourire sincère et lumineux.

Ses yeux abordèrent une nouvelle couleur. Etincelle de joie. Mais trop faible pour survivre à son cœur désabusé. Etincelle qui sombra aussitôt qu’elle avait jaillit. Un cœur qui absorbait toutes les émotions, positives comme négatives, les atténuant et ne les laissant transparaitre que brièvement. Il fallait vraiment qu’elles soient puissantes pour qu’elles marquent son visage plusieurs minutes : comme la colère qui l’avait saisi auparavant. C’était là le problème, elle manquait assez de volonté pour affirmer ses propres sentiments.

Hikari s’était faite un garrot de fortune, et avait visiblement retrouvée toutes ses couleurs et sa vivacité. Aussitôt, elle lui demandait de quelle sorte elle pourrait lui rendre la pareille. Shokei se redressait de toute sa hauteur – si petite soit-elle – et fixait la demoiselle, un peu plus songeuse. Lui être utile ? Que pouvait-on lui offrir qui la satisfasse, qui lui fasse plaisir, qui réponde à l’un de ses vœux les plus chers ? C’était une question bien embarrassante, et ennuyeuse aussi. Cette lassitude était naturelle, elle transparaissait dans chaque détail de l’anatomie et de l’attitude de Shokei. Elle était lasse du monde et de la vie. Alors, de quelle façon combler un être qui n’attendait rien de plus que la mort… Elle se retourna, regarda autour d’elle comme un enfant cherche le papillon qui fera l’objet de sa chasse. Mais il n’y avait rien, elle ne trouvait pas d’idée, tout était vide et silencieux en elle. Pas de volonté. Pas d’objectif. Pas de désir.

« Je ne crois pas… » Commença-t-elle. Mais elle s’arrêta, tournant sa tête en direction d’Hikari. « Là, il y avait une fleur, dans l’ombre. » Et tout en parlant, elle se remit en marcher en tendant la main vers un point précis, passant à côté de la Konohajin. Elle allait vers le pied d’un arbre gigantesque. S’accroupissant, elle tâtonnait l’herbe verte. Pure. « Elle avait des pétales d’un rouge sanglant, illuminés par un rayon doré qui avait traversé le feuillage pour se poser juste sur elle. Tu l’as vu, cette fleur ? Qu’importe, elle était là. Parce que je le voulais, parce que je l’ai imaginé. C’est une image que j’ai souvent dans mon esprit. Mais moi, je ne la vois jamais réellement, parce que je ne peux pas me faire rêver. » Elle se releva, penchant la tête sur le côté tout en tirant machinalement sur le trèfle à quatre feuille qui ornait son cou. Elle ne savait pas rêver. « Je n’accepterai rien de ta part. Après tout, il ne faut pas se sentir redevable de quoi que ce soit. Une jeune fille aussi égoïste que moi aurait vraiment fait tout ça pour toi ? Non, je ne pense pas. Je suis transparente, inconnue, je n’existe pas. Alors comment pourrais-je réaliser le vœu de quelqu’un… » Ce qui pouvait passer pour une farce ne l’était pas. Shokei était devenue tout à fait immobile, la main sur le pendentif de son collier, à regarder ailleurs. Dans ses yeux il n’y avait rien que de l’ennui. La blague, c’était ce monde dans lequel elles vivaient.

« Parasiter la Terre est la seule chose qui me préoccupe vraiment. Voilà, je fais des choses. Mais ni pour moi, ni pour toi, ni pour personne. Elles sont là, elles existent un temps puis elles disparaissent. Je ne m’occupe de personne et personne ne s’occupe de moi, les choses sont bien ainsi, claires et simples. Le parasite se suffit à lui-même, il observe, il sait mais ne dit rien. » Son bras retomba mollement le long de son corps, si fin et si désarticulé. « Il ne faut pas me remercier, jamais. »

Finalement, rester discrète, fantomatique, était le mieux.

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MessageSujet: Re: Pardonne-moi. [Pv Hikari]   Lun 2 Jan - 21:13





♪♫


Je savais que Shokei était une personne digne de confiance, pleines de ressources et de richesses impressionnantes. En fait, elle était le genre de personne que j'avais envie de connaître et de décrypter de part ma curiosité naturelle d'Inuzuka mais aussi pour mieu la comprendre.
Elle semblait erré tel un fantôme, dénué d'expression et de sentiment mais je savais que tout cela n'était qu'ineptie. Shokei était une personne très douce et sensible simplement tout ceci avait été refoulé pour je ne sais quelles raisons que je pouvais toutefois assez facilement imaginées...
En effet, dans le monde des shinobis, il est rare que ces derniers ais connu une vie rose remplit de gaïété... Si nous avons bien tous un point commun ce serait celui-ci : une enfance difficile où ponctuée d'évènements marquants.
Cette idée fut confirmée lorsque je la vit sourire... Je venais d'observer une expression fugace mais néanmoins présente et sincère sur son visage si inexpressif d'ordinaire.

Alors que j'attendais toujours une réponse a ma question de fortune pour connaître ce en quoi je pouvais lui être utile pour la remercier, Shokei se releva de toute sa taille, certes petite mais mignonne, et me fixa, l'air lasse...
Elle semblait être épuisée par la vie à son jeune âge... Je trouvais cela vraiment très triste et déconcertant... Une dépressif complètement dépassée par la vie en cette période de félicité où la guerre était belle et bien terminée...
Peut-être ne trouvait-elle son compte que dans les conflits justement mais j'en doutais fortement, elle n'avait pas l'air d'être une personne cherchant indéniablement l'altercation. Elle semblait au contraire posée, se contentant des beautés dont regorgeaient le monde. Des petits plaisirs simples et suffisants que fournisait l'environnement lui même et ses participants. Je comprennais ce point de vue car je me satisfaisais également du nécessaire. Je n'avais pas besoin de superflux je voulais simplement profiter de ce que la vie, la nature m'offrait et voir le bonheur s'inscrire dans les visage ou les regards de ma fratrie...
Il devait être d'ailleurs là le problème... Shokei avait l'air d'être seule d'après ce que j'avais pu en conclure... Elle n'avait personne. Personne a protéger. Personne a aimer. Personne a regarder sourire...
Je fus frappée d'un émoi quelque peu irréversible devant cette révélation... La vie devait être effectivement morose lorsqu'on la vivait en solitaire... Je ne pourrais jamais vivre sans les miens où même simplement loin d'eux... J'ai horreur de la solitude.
Shokei devait tracer son chemin seule, sans aucune chance de voir un être cher débarqué subitement pour lui remonter le morale... Sa vie devait être si ennuyeuse qu'elle m'angoissait, rien que d'y songer.
Elle me dit qu'elle ne pensait pas que je puisse l'aider en quoi que ce soit puis elle se mit à me parler d'une fleur qui serait dans l'ombre en s'avançant vers un point précis : au pied du tronc d'un arbre gigantesque qui imposait un respect dantesque un peu à la façon du légendaire Yggdrasil...
L'air était pur et plus aucun son n'émanait de la forêt dense de Konoha. C'était comme si elle retenait elle même son souffle en assistant à la scène, cherchant a comprendre les mots prononcés par Shokei.
Elle me décrit d'ailleurs comment était cette fleur pour ensuite me révéler qu'elle n'était que le fruit de son imagination qu'elle n'arrivait pas a voir réellement car elle ne savait pas rêver. Elle prit son pendentif entre ses mains fragiles mais qui semblait néanmoins erreintées par le passé du fait du nombreux sang qu'elles avaient dû faire coulés ou en avaient été souillées...
Elle parlait sincérement et je pouvais voir de nombreuses expressions se figées simultanément sur son visage d'angelot. Elle soutenait qu'elle n'avait pas fait tout cela pour moi car elle était soit disant égoïste et qu'elle ne pouvait pas réalisé le voeux des gens.

" Tu n'as pas besoin de savoir rêver pour le faire. Il te suffit d'imaginer, de penser a des faits réels ou imaginaires et de te créer ton propre monde, ta propre bulle où tu serais coupée de tout... Le monde des songes t'appartient et tu en possèdes toi même la clé. Chacun possède son propre jardin secret et nul être ne peut y pénétrer a moins de l'y avoir invité toi même... Chacun de nous possède ce jardin, il s'agit de notre inconscient. Mais tu n'as pas besoin de rêver pour vivre des choses fantastiques il suffit d'être accompagné et renoncer à la solitude pour cela... il suffit que tu arrêtes d'erré seule comme une âme en peine Shokei... Tu dois penser que personne ne te remarque mais c'est faux puisque je suis ici moi avec toi n'est-ce pas ? Je suis moi même souvent ignorée car mon clan est considéré comme étrange... Nous sommes un peu le clan du vilain petit canard a Konoha mais je ne m'en offusque pas car les personnes qui me connaissent et nous connaissent savent ce que nous valons. Il ne faut pas vouloir l'amour et la reconnaissance de tout le monde car cela est impossible mais les personnes en qui tu crois réellement et en qui tu fais confiance, elles, elles seront là pour toi quand tu auras besoin d'elles. C'est ce qu'on appel : l'amitié. Ou encore l'amour... Ce dernier est un sentiment encore abstrait pour moi qui en éprouvait une véritable aversion par le passé mais récemment, et ce malgré moi, j'ai ressenti ce dernier et aujourd'hui mon coeur est meurtri de ce manque... de cette personne... Et tu sais quoi ? Tu as réalisé mon voeu... Tu m'as permis de voir ma mère que je n'avais jamais connu... Te rends-tu compte de l'importance de cette action pour moi ? "

Je souriais tout en dévoilant tout cela. Je n'avais pas pour habitude de me révéler à coeur ouvert mais je savais que je pouvais faire confiance a Shokei. Je m'excusais pour mon long monologue et la laissais poursuivre. Elle racontait qu'elle n'était qu'un parasite sur Terre. A l'entendre on la croirait créer pour n'être au final qu'une simple et éphémère illusion...

" Un parasite dis-tu ? Oui nous avons commencé dans cet état... De simples bactéries peuplant le monde sans but précis si ce n'est créer de la vie puis petit à petit nous avons évoluer jusqu'à créer l'espèce humane que nous sommes. Je dois avouer qu'il s'agit d'une race encore très primitive parfois et que la bêtise humaine n'est plus a prouvé mais c'est ce que nous sommes. Encore que mon clan me fait me placer entre l'humain et l'animal. Je n'appartiens à aucun des deux mondes en réalité je suis simplement entre les deux. Sur la jonction d'une barrière invisible qui me rappelle a quel point l'un ou l'autre univers me rejette car je n'appartiens pas pleinement à l'un d'entre eux... Tu dis être un parasite mais tu restes humaine, moi je ne suis rien... Mi homme mi animal. Je ne sais pas a quel monde j'appartiens et ne sais pas me situer.
Tu n'as pas de famille et moi si mais toi tu sais a quel monde tu appartiens aussi sinistre et morose soit-il et tu sais également qui tu es, moi, je n'en ai aucune idée..."


Une trace de haine pouvait se faire entendre dans ma voix mais elle n'était pas adressée à Shokei, d'ailleurs elle n'était adressée à personne. Je n'avais pas honte de ce que j'étais, au contraire j'adorais les capacités conférées par mon clan car j'avais tout de même plus de traits animals qu'humains et c'était l'univers qui me plaisait le plus par dessus le marché. Choisir entre un monde rempli d'hypocrisie, de mort , de douleur et de pouvoir d'un côté et calme, serein, naturel, magnifique, se basant sur l'instinct, pleins de ressources et de potentiel de l'autre, le choix était vite fait...

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MessageSujet: Re: Pardonne-moi. [Pv Hikari]   Ven 13 Jan - 10:20

Up ma Shokei ? =D

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MessageSujet: Re: Pardonne-moi. [Pv Hikari]   Aujourd'hui à 2:21

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Pardonne-moi. [Pv Hikari]
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